Birdline Internet

De A

FILTRES

  ESPACE PERSONNEL

Birdline Internet

GuĂŞpier d'Europe
(Merops apiaster)

English name: European Bee-eater

Deutscher Name:Bienenfresser

Identification :
L 27-29 CM ; E 44-49 CM ; P 50-80 G
Habitat :
Le Guêpier habite les vallées fluviales semi-ouvertes, où il niche surtout dans les falaises naturelles créées par l’érosion ; la où elle font défaut, suite notamment à la correction des rivières, il s’installe dans des gravières abritées du vent au microclimat chaud et sec, où il trouve suffisamment d’arbres pour se percher et d’insectes pour nourrir sa nichée. Diurne et grégaire, il se nourrit exclusivement d’insectes capturés au vol, principalement des hyménoptères (bourdons, guêpes, abeilles), diptères (taons), odonates (libellules) et lépidoptères (papillons diurnes et Bombyx du chêne) ; la moitié des proies capturées mesurent 10-15 mm. Les criquets sont occasionnellement capturés en plongeant au ras des herbes. Les adultes sélectionnent les proies plus grosses telles que bourdons et libellules pour leur progéniture, alors qu’ils se contentent eux-mêmes des guêpes et autres petites proies directement avalées en vol (Maumay en prép.). Le Guêpier chasse depuis un poste d’affût bien dégagé telle que la branche sèche d’un arbre ou un fil électrique, d’où il fond sur sa victime avant de retourner sur son perchoir où il l’assomme et lui retire l’aiguillon avant de l’amener à ses jeunes. Il moucheronne aussi en vol circulaire, planant lentement et accélérant une fois sa proie repérée, généralement au-dessus de lui ; celle-ci est souvent cueillie en approchant par derrière et par-dessous, dans l’angle mort de vision des insectes. Plusieurs fois par jour, il régurgite la chitine accumulée dans son gésier sous forme d’une pelote. L’apparition de l’Epervier, principal ennemi de l’espèce, provoque l’alarme et l’envol instantané de tous les membres de la colonie, se groupant au-dessus du prédateur. Lorsque la température de l’air dépasse 30 degrés, les oiseaux volent en laissent pendre leurs pattes pour la thermorégulation. La femelle passe plus souvent la nuit dans le nid que le mâle ; une fois l’incubation terminée, les adultes passent la nuit dans la frondaison des arbres, mais se réfugient dans les nids en cas de précipitations persistantes. Le Guêpier est sociable tout au long de l’année, se déplaçant généralement en petites compagnies comptant 2-20, plus rarement 20-30 individus, exceptionnellement jusqu’à 100 oiseaux ; les migrateurs ne font généralement que passer, mais font parfois escale 1-2 jours dans des sites favorables ou lorsque les conditions météorologiques entravent leur progression. En toute saison, les membres d’un groupe gardent constamment le contact en émettant des cris doux et roulés « gru, gru », d’un timbre nasal rappelant le chant du Merle à plastron ; l’alarme est une série de « dik-dik-dik » brefs et perçants.
Distribution :
Le Guêpier d’Europe est largement distribué dans le Paléarctique méridional, du Maroc et du Portugal à travers le Maghreb et le sud de l’Europe et de l’Asie centrale jusqu’aux lac Balkhash et Zaysan dans l’est du Kazakhstan, au sud jusqu’en Afghanistan et à Oman. Une population distincte niche en Afrique du Sud (Cramp, del Hoyo). L’extension de l’aire de nidification européenne vers le nord au cours du XXe siècle, constatée surtout en France, est entravée en Europe centrale par l’arc alpin. Avec environ 60'000 couples, la péninsule Ibérique héberge plus de la moitié de la population européenne (Russie non comprise) (Hagemeijer & Blair 1997). La population d’Europe occidentale hiverne dans la ceinture sahélienne, alors que celles d’Europe orientale et d’Asie en Afrique subéquatoriale. Depuis 1991, l’espèce atteint en Suisse la limite nord de sont aire de reproduction régulière en Europe centrale. Après la première nidification de 1991 à Ottenbach ZH, 4 colonies ont été occupées dès 1992 à Gampel VS (1992-1996), Penthaz VD (1996-2004), Yverdon VD (1998-2004) et TI (2002-XXX). Les sites de reproduction sont tous situés entre 390 et 820 m d’altitude. Les groupes de migrateurs sont principalement observés sur le Plateau, dans les vallées du Rhône VS et du Rhin GR et dans le sud du Tessin (Witzig 1941), occasionnellement sur les cols alpins de Bretolet VS, la Croix VD ou Jaman et le long du défilé jurassien du Fort-l’Ecluse F (Charvoz 2001).
Nidification :
L’espèce niche parfois isolément mais généralement en petites colonies comptant quelques dizaines de couples. Les couples sont généralement fidèles à vie à leur partenaire ainsi qu’à leur site de reproduction, et sont parfois aidés par un de leurs rejetons de l’année précédente pour élever une nouvelle nichée. Peu après son arrivée sur le site de nidification, le couple creuse un tunnel dans une falaise créée par l’exploitation d’une gravière, dans la couche de dépôts de loess recouvrant une falaise morainique, un talus de vigne, un tas de sable ou de terre meuble, généralement à 2-5 m de hauteur, parfois à même le sol ou jusqu’à 50 m au-dessus du niveau de la plaine dans une carrière en Valais ; c’est surtout le mâle qui est chargé de l’excavation, se servant de son bec et de ses pattes pour évacuer le sable à reculon, pendant que la femelle fait le guet ; elle l’assure continuellement de sa surveillance par de petits cris étouffés, et alarme en cas de danger. Le forage du tunnel dure 10-20 jours : horizontal ou légèrement incliné, droit ou incurvé latéralement, il est généralement profond de 70-150 cm et terminé par la loge qui abrite le nid. Il n’y aucun apport de matériel. Les pattes des adultes effectuant des allers-retours creusent deux sillons parallèles visibles à l’orifice du tunnel, ce qui permet de distinguer les trous occupés de ceux qui ne le sont pas. L’accouplement, qui a lieu plusieurs fois par jour, est précédé d’une offrande du mâle à la femelle d’une grosse proie, typiquement une libellule. Les 6-7 (4-10) œufs sont pondus à fin mai/début juin, à 1-2 jours d’intervalle ; l’incubation par le couple, par intermittence dès la ponte du premier œuf et sans interruption à partir du 3e, dure 20 jours. Les jeunes séjournent pendant un mois au nid, où ils retournent encore pendant quelques jours après le premier envol, qui a généralement lieu fin juillet ; lors de leur premier vol, les jeunes sont assistés par leurs parents, qui les précèdent en vibrant la queue inclinée vers le bas pour leur indiquer un lieu d’atterrissage et l’entrée du nid. Les familles restent groupées et se joignent aux autres avant de partir en migration, formant parfois des bandes de 40-50 individus. En Suisse, les colonies comptent 1-14 couples, qui élèvent le plus souvent 3-5 jeunes ; comme l’espèce ne se nourrit que d’insectes volants, le succès de reproduction dépend essentiellement des conditions météorologiques des mois de juin et juillet, les périodes pluvieuses pouvant provoquer la mort par inanition de couvées entières. La maturité sexuelle est atteinte à l’âge de 1-2 ans (del Hoyo).
Protection / Menaces :
liste rouge : catégorie 3 ; en déclin ; convention de Berne : annexe II ; convention de Bonn : appendice II

Afficher sur la carte: