Aigle impérial Aquila heliaca juvénile, bagué comme poussin en République Tchèque, Köniz BE, 8 novembre 2025. Nathanael Jost. Cet Aigle impérial Aquila heliaca juvénile avait été bagué le 5 juin 2025 par Hynek Matusik en République Tchèque, près du village de Pritluky dans le district de Breclav, en Moravie du Sud (bague rouge H27). A fin juin, le nid est malheureusement tombé suite à une tempête. Ce jeune a survécu mais ne volait pas suffisamment bien, raison pour laquelle il a été capturé pour être placé dans un centre de soins à Rajhrad. Il a été équipé d'un émetteur avant d'être relâché le 16 octobre près du site de son lieu de naissance. Il a pu être suivi par les signaux de sa balise jusqu'au 4 novembre, lorsqu'il se trouvait à 20 km de la frontière suisse, puis a disparu des écrans radar. il a donc parcouru au moins 750 kilomètres jusqu'au canton de Berne au cours des trois semaines suivant sa remise en liberté. (David Horal in litt.). Malgré sa balise, il n'a par la suite pas été possible d'en savoir d'avantage sur les déplacements de cet oiseau, qui n'a pas été retrouvé par les nombreux observateurs partis à sa recherche. Il est probable que ce juvénile, incapable de se nourrir dans notre pays, soit mort d'inanition les jours suivants. L'Aigle impérial niche dans la steppe eurasienne, depuis la puszta d'Autriche et de Hongrie jusqu'à la Mongolie et le sud-est de la Sibérie, et en hiver dans les pays du sud-est de la Méditerranée, en Afrique du nord-est, en Asie du Sud et en Chine. Ce grand rapace se trouve en République tchèque et en Autriche à l'extrémité occidentale de son aire de répartition. En Europe (y compris l'ouest de la Russie), sa population est estimée entre 1'900 et 3'000 couples (datazone.birdlife.org), et l'espèce est considérée comme vulnérable sur la liste rouge de l'IUCN. L'espèce a recommencé à nicher en Autriche en 1999 après 190 ans d'absence, et depuis, sa population a augmenté et son aire de répartition a progressé vers l'ouest du pays. La population autrichienne de l'Aigle impérial a atteint un nouveau record de 42 couples en 2023. Bien qu'il niche annuellement dans un pays limitrophe, l'Aigle impérial n'avait encore jamais été observé en Suisse. Il demeure très rare en Europe de l'Ouest (on ne connaît qu'une quinzaine d'observations en France) en raison d'une population restreinte et de déplacements migratoires relativement limités, principalement orientés vers le sud-est de l'Europe et la péninsule Arabique. Alors que le royal est un montagnard, l'Aigle impérial est un oiseau de la plaine, présent à l'origine dans la steppe arborée continentale d'Eurasie. Il s'est par la suite adapté aux vastes espaces agricoles créés aux dépens de la steppe originelle. Il exploite les steppes et prairies pour se nourrir et les arbres pour la nidification. Dans les steppes d'Asie centrale, les arbres aptes à supporter le nid sont rares, si bien que la densité est faible et les couples dispersés.
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Lionel Maumary, Ornithologue Né en 1968, Lionel Maumary a obtenu son diplôme de biologiste à l’université de Lausanne en 1996. Sa passion pour les oiseaux se révèle à l’âge de 6 ans, quand il parvient à apprivoiser une Rougegorge. Son intérêt pour l’observation et l’étude des animaux ne cesse ensuite de s’affirmer, notamment après avoir vécu une partie de son enfance aux Etats-Unis. Les oiseaux d’Europe vont assez vite devenir son centre d’intérêt principal, et ses vastes connaissances de naturaliste de terrain vont apporter crédibilité et cohérence aux nombreux projets dont il sera l’initiateur (camps de baguage du col de Jaman, île aux oiseaux de Préverenges, etc.). Observateur infatigable de l’avifaune, il a vu près de 350 espèces d’oiseaux en Suisse. Lauréat du prix « Earth Champions » en 2005 dans le domaine de la biodiversité, il est président du Cercle ornithologique de Lausanne depuis 1990, collaborateur de la Station ornithologique suisse depuis 1986, membre du comité de Nos Oiseaux depuis 1988 et celui de Pro Natura Vaud depuis 2000. Il a créé la première ligne d’information ornithologique francophone « Birdline » en 1989 et a été membre de la Commission de l’avifaune suisse (CavS) pendant 12 ans. Depuis 995, il travaille au sein du bureau d’études en environnement Ecoscan SA et guide des voyages ornithologiques. Il est l’initiateur de l'ouvrage complet sur l'avifaune suisse « Les Oiseaux de Suisse », dont il a écrit les textes et réalisé une part importante des photos. Début de la chronique sur Oiseaux.ch en mars 2008. |




